Biographie

Poupon adultérin et fier bâtard toute sa vie. Bien que né à la ville, c’est quelque part dans les Cantons-de-l’Est du Québec, avec un père adoptif aussi tendre que dur de la feuille, une mère-fille aussi aimante que troublée, des chiens aussi énormes que silencieux, ainsi que quelques chevaux encore moins purs-sangs que lui, que Jeff Moran commence son histoire d’amour avec les mots.

Le verbe n’a besoin de rien d’autre que de lui-même pour exister. C’est probablement dans cet esprit d’indépendance que Jeff se lie rapidement d’amitié avec le crayon et le papier. Lui qui aime bien l’idée de n’avoir besoin de personne pour survivre, trouve un extraordinaire point commun entre la force de l’écriture et la fragilité de sa propre existence.

Et c’est ainsi que, de villes en aiguilles, de sectes en religions, d’autant de pays que de filles ou de dizaines de métiers sans ambition, qu’il se forge lentement un langage à lui. Qu’il finit, à force d’écrire, par inventer une langue où tout devient possible. Une forme d’expression française qui lui permet de se révolter sans faire la morale, d’être vulgaire sans choquer, de se moquer sans rire ou même de pleurer la misère du monde sans en oublier la beauté.